Étudiants étrangers : le seuil de ressources financières exigé va fortement augmenter au 1er août 2026
À partir du 1er août 2026, les étudiants étrangers souhaitant obtenir ou renouveler une carte de séjour « étudiant » en France devront justifier d’un niveau de ressources mensuelles nettement plus élevé qu’aujourd’hui. C’est ce que prévoit un décret publié au Journal officiel le 24 juin 2026, qui modifie en profondeur la manière dont ce seuil est calculé. Les ressources exigées étudiants étrangers vont augmenter sensiblement.
Jusqu’à présent, les étudiants étrangers devaient prouver qu’ils disposaient de ressources au moins équivalentes à l’allocation d’entretien mensuelle de base versée aux boursiers du gouvernement français, soit 615 € par mois. Problème : ce montant de référence n’avait pratiquement pas évolué depuis le début des années 2000, ce qui le rendait de moins en moins représentatif du coût de la vie réel.
Le nouveau texte change de logique : le seuil de ressources sera désormais indexé sur le Smic brut mensuel plutôt que sur l’ancienne allocation. Concrètement, les étudiants devront justifier de ressources correspondant à au moins 47 % du Smic mensuel brut en vigueur au moment du dépôt de leur demande.
Sur la base du Smic brut applicable depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 €), ce nouveau seuil représente 877,50 € par mois, soit près de 43 % de plus que l’ancien montant de 615 €.
Ce taux de 47 % n’a pas été choisi au hasard : rapporté au Smic net, il correspond à 60 % du Smic, c’est-à-dire exactement le plafond d’activité salariée qu’un étudiant étranger est autorisé à exercer en parallèle de ses études. L’idée est donc de faire coïncider le seuil de ressources exigé avec le revenu qu’un étudiant pourrait tirer d’un job étudiant mené dans la limite légale autorisée.
Autre nouveauté : ce seuil ne sera plus figé dans le temps. Il sera réévalué au moins une fois par an par arrêté et suivra l’inflation, évitant ainsi qu’il ne se déconnecte à nouveau de la réalité économique comme cela avait été le cas avec l’ancien indice. Les ressources exigées étudiants étrangers vont donc aussi devenir évolutives.
Qui est concerné ?
Cette nouvelle exigence s’applique à l’ensemble des ressortissants de pays tiers qui sollicitent :
- une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » ;
- une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle « étudiant-programme de mobilité » ;
- ou qui séjournent en France, pour une durée maximale de 12 mois, dans le cadre d’un programme de mobilité après avoir été admis au séjour dans un autre État membre de l’Union européenne.
Le nouveau seuil s’appliquera à toutes les demandes déposées à compter du 1er août 2026, qu’il s’agisse d’une première demande de titre ou d’un renouvellement.
Pourquoi ce durcissement ?
Ce changement fait suite à un rapport de la Cour des comptes de mars 2025 consacré à l’attractivité de l’enseignement supérieur français pour les étudiants internationaux. Les magistrats financiers y pointaient un double problème : un seuil de ressources jugé trop faible pour garantir des moyens d’existence réellement suffisants, et un indice de référence peu pertinent et peu évolutif pour remplir cette fonction.
Le gouvernement a donc choisi d’ancrer ce seuil sur un indicateur économique plus solide et automatiquement actualisable, le Smic, plutôt que sur un montant fixé par arrêté et resté inchangé pendant plus de vingt ans.
Ce qu’il faut retenir
- Avant le 1er août 2026 : ressources minimales exigées = 615 € par mois.
- À compter du 1er août 2026 : ressources minimales exigées = 47 % du Smic mensuel brut, soit 877,50 € au 1er juin 2026.
- Ce seuil sera révisé chaque année en fonction de l’inflation.
- Le texte de référence est le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026, publié au Journal officiel du 24 juin 2026, qui insère un nouvel article R. 422-2 dans le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) et abroge le dernier alinéa de l’article R. 422-8.
Les futurs candidats à des études en France devront donc anticiper ce relèvement significatif dans la constitution de leur dossier de demande de titre de séjour, notamment en ce qui concerne les justificatifs de bourse, de virement bancaire ou d’attestation de prise en charge.
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