Gillioen avocat

Refus de visa salarié : comment le contester devant le Tribunal administratif

Le refus de visa salarié est devenu beaucoup plus commun en 2026 qu’il ne l’était en 2016. Dans cet article, je vais expliquer pourquoi, et également comment trouver une solution à ce problème. Un autre problème vient du Tribunal administratif de Nantes, compétent pour juger ce type de dossier, et dont les délais de jugement ont explosé depuis 2024.

Pourquoi le refus de visa salarié a-t-il explosé ? C’est dû au changement de la procédure de demande d’autorisation de travail introduite en 2021. Avant cette date, l’entreprise demandait à la DIRECCTE une autorisation de travail pour son salarié résidant à l’étranger. Parmi les critères examinés par la DIRECCTE figurait l’adéquation homme/poste. Or, suite à la réforme, ce critère a été supprimé.

On aurait pu penser que c’était une bonne chose, mais en réalité, le critère a été « récupéré » par le consulat. Et s’il y a bien une chose que les consulats souhaitent, c’est de diminuer le nombre de visas accordés à des étrangers, même si c’est pour venir travailler en France. Souvent, les personnes pensent d’une manière économique en voyant la richesse dégagée par un salarié. Mais l’administration s’en moque complètement. Sa seule motivation est de réduire l’immigration, peu importe qu’elle soit économique ou autre.

refus de visa salarié

Ainsi, alors que l’entreprise en France obtient l’autorisation de travail, le salarié, lui, se voit refuser son visa de long séjour par les autorités consulaires, et c’est là que la bataille commence. Mais avant de s’engager sur la voie judiciaire, il faut préciser qu’un refus de visa salarié peut être évité si la demande est d’une part bien préparée, et d’autre part si la réalité de l’expérience professionnelle de l’étranger est prouvée par des documents probants.

Car c’est toujours pour ce motif que le consulat refuse le visa : il indique que les documents fournis ne sont pas authentiques. Parfois à juste titre : on voit dans certains dossiers de fausses attestations d’employeurs ou de faux bulletins de paie. Le résultat est alors désastreux, car le consulat va contacter l’ancien employeur et vérifier l’exactitude des documents fournis, ce qui aboutit à un refus.

Si on conteste la décision devant le Tribunal administratif de Nantes, le but va être de démontrer la réalité de l’expérience professionnelle de l’étranger qui a reçu un refus de visa salarié. Mais, idéalement, ces preuves doivent être préparées avant la demande de visa de long séjour. C’est la meilleure manière de se prémunir contre un refus et d’éviter la procédure au tribunal. Mais il est vrai que dans certains pays et avec certains consulats, les chances de rejet sont extrêmement élevées, même avec des documents probants.

Devant le tribunal, il faudra produire ces documents et expliquer la réalité de l’expérience professionnelle du futur salarié. Des diplômes sont également des documents utiles, voire essentiels. Dans un dossier récent où l’administration remettait en cause les preuves de l’expérience du salarié en raison d’une discordance dans les fiches de paie, le comptable de la société à l’étranger a fait une attestation pour expliquer la discordance, ce qui a convaincu le tribunal.

Il est devenu beaucoup plus difficile de réaliser une introduction de salarié étranger à cause du refus de visa salarié. Cependant, ce n’est pas impossible, mais il est plus qu’impératif de préparer un dossier extrêmement solide dès le départ. Il ne faut pas non plus hésiter à attaquer le refus si le dossier est bon.

Souvent, je constate des refus de visa salarié qui ne sont pas contestés alors qu’ils devraient l’être. Bien sûr, cela dépend entièrement des preuves fournies. Si elles sont trop mauvaises, il vaut mieux faire une autre demande de visa avec de meilleurs documents.

Même si les délais sont longs, il ne faut pas hésiter à contester le refus de visa salarié au tribunal lorsque cela est possible. Cependant, faites bien attention au délai de recours qui n’est que de 30 jours.