Gillioen avocat

Refus de visa oral : le tribunal administratif de Nantes suspend un refus d’enregistrement opposé par TLS Contact

Refus de visa oral : l’agent d’une société privée examine votre dossier, puis vous annonce, sans rien écrire, qu’il ne l’enregistrera pas. Pas de courrier, pas de motivation, pas de voie de recours indiquée. Vous venez de subir un refus de visa oral.

Cette situation, que beaucoup de demandeurs connaissent, vient de faire l’objet d’une décision remarquable : par une ordonnance du 1er septembre 2026 (n° 2617021), le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu le refus de visa oral opposé par un prestataire extérieur pour le compte du consulat de France au Caire.

La requérante est une ressortissante palestinienne, qui a quitté la bande de Gaza en février 2024 et réside depuis en Égypte, en situation irrégulière. Elle souhaite se rendre en France pour épouser un ressortissant français, mariage prévu à Rennes le 30 octobre 2026 (les bans ont été publiés le 13 mai 2026).

refus de visa oral

Le 5 juillet 2026, elle se présente auprès de TLS Contact, le prestataire qui reçoit les demandes de visa pour le compte du consulat de France au Caire, afin de déposer une demande de visa de court séjour. Le prestataire lui oppose verbalement un refus d’enregistrement, au motif qu’elle ne dispose pas d’un permis de résidence en Égypte.

Résultat : sa demande n’est jamais transmise au consulat et ne peut donc faire l’objet d’aucune instruction.

Elle va donc saisir le juge des référés contre cette décision de refus de visa oral.

Il est notable qu’une décision purement verbale puisse être contestée devant le juge : l’absence d’écrit n’empêche pas l’existence d’une décision faisant grief, ni son contrôle juridictionnel.

Le juge relève que la décision contestée a pour effet d’empêcher toute instruction de la demande par l’autorité consulaire.

Le juge retient un moyen intéressant comme propres à créer un doute sérieux l’incompétence de l’auteur de l’acte : la décision a été prise par un prestataire de service, et non par l’autorité consulaire.

Un prestataire n’est pas un consulat. Les centres de type TLS Contact ou VFS Global reçoivent les dossiers, vérifient qu’ils sont complets et recueillent les données biométriques. La décision d’accorder ou de refuser un visa appartient à l’administration. L’ordonnance va dans le sens d’un contrôle de ce que peut, ou non, décider un prestataire privé.

C’est la première fois qu’un juge administratif reconnaît cela. Et au vu des pratiques constatées par les divers sociétés privées c’est une excellente chose.

Ensuite le refus de visa oral n’est pas un refus de visa, mais il en a les effets. Tant que la demande n’est pas enregistrée, elle n’est pas instruite, et le demandeur ne reçoit aucune décision écrite susceptible de recours classique. Le juge des référés accepte ici d’en contrôler la légalité.

L’ordonnance du tribunal administratif de Nantes du 1er septembre 2026 rappelle qu’un refus de visa oral, opposé par un prestataire extérieur, n’échappe pas au contrôle du juge. Lorsque l’urgence est établie, une telle décision peut être suspendue et l’administration contrainte de réexaminer la demande.

En savoir plus sur l’auteur de l’article : Alexandre Gillioen